Bourse de Casablanca : le BTP tire 37 % de la croissance en 2025


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 4 Mars 2026

En 2025, la Bourse de Casablanca a affiché une dynamique robuste, portée par le secteur du BTP, qui s’est imposé comme premier contributeur à la croissance des revenus des sociétés cotées, selon le rapport Earning 2025 de BMCE Capital Global Research. Dans un contexte où la plupart des branches tirent vers le haut les performances financières, certaines, comme le gaz, ont été pénalisées, illustrant les contrastes structurels de notre marché boursier.



Quand on scrute les chiffres récemment publiés par BMCE Capital Global Research (BKGR), un enseignement clair se dégage : le tissu économique marocain coté en Bourse ne se comporte pas de manière homogène. En tête des contributions à la croissance des revenus en 2025, le secteur du BTP pèse 37 % de l’augmentation globale du chiffre d’affaires des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca  une première remarquable dans l’histoire récente de la place financière.
 

C’est une confirmation, presque une revanche, pour ce secteur souvent réduit à des cycles de commande publique. En réalité, les grands projets structurants, qu’il s’agisse du développement des infrastructures urbaines ou des chantiers liés à des événements sportifs continentaux, ont fini par se transformer en moteurs de revenu pour les entreprises de construction et travaux publics. Cette dynamique s’illustre par exemple par l’augmentation notable des réalisations de TGCC ou l’accélération de grands programmes routiers.
 

Derrière, dans un classement qui surprend moins les observateurs, les mines se hissent en deuxième position avec une contribution de 17,1 %. Dans un marché global fortement influencé par l’évolution des matières premières, ce poids important illustre l’effet conjugué de la hausse des métaux et de la mise en production accélérée de nouveaux gisements.
 

Plus loin dans les chiffres, les banques apparaissent avec une contribution de 15,2 % à la croissance des revenus. Là encore, il s’agit d’un résultat significatif car il montre que, même si la finance marocaine est moins exposée aux cycles internationaux que certaines places émergentes, elle participe fortement à la création de richesse et à la stabilité des revenus globaux. Les résultats annuels récents de plusieurs établissements montrent une évolution saine de leurs produits nets bancaires, favorisée par un environnement de taux relativement stable.
 

La distribution spécialisée et la santé viennent ensuite, respectivement avec 7 % et 6,9 % de contribution. Ces chiffres traduisent une demande intérieure encore dynamique, portée notamment par l’élargissement des réseaux de distribution et le besoin croissant en services de santé modernes.
 

Pourtant, tout n’est pas rose sur la cote casablancaise : le secteur gazier affiche la contribution négative la plus importante, à hauteur de -1,39 milliard de dirhams. Cette performance en berne est principalement liée aux contre‑performances de TotalEnergies Marketing Maroc, qui a souffert d’un environnement de prix défavorable, avec des marges compressées et une forte exposition aux fluctuations internationales des hydrocarbures.
 

D’autres acteurs ont connu des revers qui méritent d’être soulignés. Taqa Morocco a vu son chiffre d’affaires se contracter de 240 millions de dirhams, notamment en raison de la baisse des prix du charbon et de la parité USD/MAD défavorable, tandis que Delta Holding affiche une contribution négative de 84 millions de dirhams, notamment à cause d’une chute des exportations de certains produits vers l’Europe.
 

Ces chiffres sont plus qu’un simple diagnostic : ils racontent une histoire de résilience et de défis. Ils montrent un marché qui, malgré la volatilité de certains secteurs clés, reste capable de générer de la croissance. Pour les investisseurs marocains, ces résultats invitent à regarder la Bourse de Casablanca non seulement comme un baromètre des performances économiques, mais aussi comme un espace stratégique où la diversification sectorielle peut devenir un levier de création de valeur durable.
 

La Bourse de Casablanca en 2025 confirme une tendance déjà amorcée : les moteurs traditionnels de croissance se réinventent, tandis que les secteurs en difficulté soulignent l’urgence de stratégies plus robustes face aux chocs externes. Dans un Maroc en pleine transition économique, l’heure est à l’analyse fine et à l’adaptation proactive, pour que la croissance gagne en solidité et en inclusivité.





Mercredi 4 Mars 2026
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